Ayo va vite, très vite. Après Joyful et un Live at the Olympia, elle propose Gravity at Last. Ayo n'est plus seulement la gentille fille un peu perdue, frêle et touchante avec sa guitare et ses bons sentiments.
Gravity at Last dépasse largement le propos de départ, l'univers musical de l'artiste est plus riche, plus complet. Les arrangements ont le punch d'un glissendo de clavier, le charme d'une soul intemporelle. L'Afrique est toujours présente dans les intonations de la fille joie, seuls les thèmes évoluent.
Enregistré presque en direct et en peu de temps, Gravity at Last aborde des problématiques concernées. Ayo est militante d'un monde de respect, elle dit « Get Out of My Way » aux profiteurs, aux jaloux, aux empêcheurs d'aimer. Elle clame et réclame de « Better Days » sur des cordes qui n'ont pas oubliées leurs larmes, sa voix est un souffle échappé de tous les ghettos du monde.
Loin d'être cantonné à un clone de Tracy Chapman, à une soeur de Nneka, Ayo développe son propre talent. Gravity at Last a des échos de Nigerian Wood sorti récemment par Keziah Jones. Le funk africain de Fela et de King Sunny Ade habite ces deux artistes, ils en donnent une version actuelle et internationale, aussi passionnante qu'époustouflante.
« Lonely » rappelle que le reggae reste une musique contestataire, mais pas n'importe quel reggae. Ayo c'est la classe de Dezarié et de toutes les prêtresses des chants nyabinghi. Gravity at Last ne recèle pas forcément de titre aussi immédiat que « Down on My Knees » mais l'ensemble est plus fort que Joyful.
Ayo va vite, très vite. D'espoir flamboyante, elle commence à construire une carrière d'artiste de premier plan. Gravity at Last est une étape marquante et réussie dans l'affirmation de son parcours.