Parce qu’à l’heure d’Internet et son moulin d’infos déformantes, il est bien compliqué de séparer le bon grain de l’ivresse, je vais vous raconter la véritable histoire des Bars en Trans…
Au commencement était le saloon, ses portes battantes qu’on esquivait à l’aller pour se les prendre quand même au retour, ses danseuses qui levaient la jambe en cadence pendant qu’on levait le coude, et le violoniste qui jouait même si personne ne l’écoutait.
Jusqu’au jour où ces saloons sont devenus des Bars en Trans.
Comment et pourquoi vous demandez-vous ?
Parce que trop de duels finissaient à égalité, et que ça réduisait d’autant la clientèle ? Non.
Parce qu’à force de tirer sur le pianiste, le poste devenait dur à pourvoir ? Non plus…
Et puis d’abord, c’est quoi un Bar en Trans ?
Les murs qui transpirent un curieux mélange de vieille sueur et de bière, des coudes et des pieds qui font connaissance, des oreilles mélomanes et boulimiques, avides de découvertes éclectiques, des toilettes occupées, c’est à tout ça qu’on le reconnaît.
En 24 ans, les Bars en Trans sont devenus une véritable chasse au trésor. Les pépites ? La découverte de talents bruts nommés artistes, avec un petit cœur qui bat et une foi infaillible dans leur art, prêts à mettre leurs tripes sur une scène rachitique… et éventuellement à y laisser leur foie pour fêter la réaction du public.
Pas d’esbroufe possible, entre les musiciens et les spectateurs, le seul lien possible (quand ils ne se touchent pas), c’est la musique. Ça passe ou ça casse…
Et si le test du bar se révèle positif, attendez-vous à retrouver bientôt le nom des même en haut de l’affiche.
L’hiver approche, il va être temps d’aller se réchauffer les oreilles aux comptoirs !
Julien Coudreuse (Wik / Kostar)