Cinéma-Maison de Julie C. Fortier

Exposition du 19 février au 3 avril 2010
Vernissage : vendredi 19 février à 18h30 à La Criée - Rennes

Julie C. Fortier est une artiste dont les vidéos, installations
ou photographies partagent toutes cette même interrogation
sur le vide et le passage du temps. Pour son exposition à
La Criée, elle propose d’opérer un possible «décadrage»
en offrant au visiteur un autre regard sur ce qui l’entoure.



Cinéma-Maison de Julie C. Fortier
Les premières oeuvres de Julie C. Fortier s’inscrivaient dans le genre de la performance filmée. L’évolution de son travail l’a amenée graduellement à ne plus y figurer pour privilégier des formes plus dépouillées, soulignant l’absence et la vacuité. Les sujets abordés dans son travail sont trouvés au gré de ses propres déplacements en
voiture, en train, à pieds.

Le projet Cinéma-Maison voit son origine à Sherbrooke, ville natale de Julie C. Fortier au Québec, dans un événement qui semble anodin : le tirage au sort d’un pavillon préfabriqué. Chaque année au mois de mars, une maison est assemblée, décorée, meublée et visitable sur le parking d’un centre commercial qui lui sert temporairement
de lieu d’exposition. Une fois le gagnant désigné, elle est démantelée et transportée vers ses fondations définitives.

La maison, symbole de la stabilité, est souvent mise à mal dans le travail de l’artiste canadienne. Maison Desjardins, projection vidéo sur deux écrans, montre simultanément l’assemblage et le démantèlement de ce pavillon. Construction et déconstruction s’interpellent en permanence et ce jeu crée un entre-deux dans lequel se glisse le spectateur.
Aujourd’hui la maison est un objet que beaucoup rêve de pouvoir un jour s’approprier. Pourtant, elle figure ici dans une représentation plus mélancolique. Telle l’enseigne
du magasin «Décor Sears» en arrière-plan, la maison est ramenée au statut d’un décor «montable/démontable» qu’il est possible finalement de déplacer, ouvrant ainsi le
champ des perceptions sur l’errance et le déracinement.

L’exposition accueille aussi Cinéparc, plan fixe sur l’écran d’un «drive in» filmé de jour. L’écran cinématographique est ici mis en abyme au travers de sa propre projection
au sein de l’espace d’exposition. Dans ce film projeté en 35mm, l’écran se détache sur fond de paysage et semble fonctionner comme un cache dans l’espace de l’image.
Il perd ainsi sa dimension d’objet et son échelle, jusqu’à ce que des oiseaux viennent s’y poser et ramènent discrètement le spectateur à la réalité de l’image.

Pour l’oeuvre La Tribune, samedi 25 mai 1985, Julie C. Fortier fait appel à un souvenir d’enfance issu d’un fait divers tiré du journal La Tribune de sa ville natale, en date du samedi 25 mai 1985. Présentée sous la forme d’un stock de papier journal, la pièce reproduit le souvenir que l’artiste avait conservé de cette page : le fait divers et sa position
dans la maquette du journal, le reste de la page vide fonctionnant tel un écran obstinément blanc.
S V

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