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Emily Jane White/Julien Pras @ Ubu Club, 4’02’2010Ca pourrait être une histoire, sans paroles, en musique. Un nom, parmi d’autres, griffonné à la hâte, une nuit, sur un carnet. On poursuivrait par l’écoute d’un très bel album, Dark Undercoat, son tout premier, sorti en 2008. Des sons très simples, c’est pourtant le plus dur à faire, et résolument folk. Pas trop de notes, des mots très mûrs pour son âge tendre, et surtout cette voix, comme un très beau soleil d’hiver, à la lumière vraie mais oblique, profonde, pas si gaie. Une voix qui suivrait celle de sa grande sœur, Cat Power. A l’automne, redécouverte, nouvel album, Victorian America, aussi forte, à la hauteur. Ce soir, à l’Ubu, mademoiselle Emily Jane White.
En première partie, le guitariste et chanteur bordelais Julien Pras nous accueille en solo avec ses nouvelles compos, folk, posées sur sa voix douce.
http://www.myspace.com/julienpras Californienne, elle rayonne, miss Emily Jane, avec sa frange, ses boots et sa petite robe noire. A ses côtés, les musiciens avec qui elle a enregistré et partagé sa précédente tournée. Sur scène, ils sont six : violon, violoncelle, batterie, guitare, et Julien Pras à la basse. Guitare folk et clavier pour la demoiselle, mais il y aura des échanges. C’est complet, pourtant dès les premières notes, la salle retient son souffle.
Voix et instruments, c’est une collection belle et fragile, toujours juste, subtile esquisse, de portraits en émotion. Dessinés d’une voix claire, légère mais assurée, un souffle chaud et triste à la fois. On va d’un tableau à un autre. The Baby, Stairs, superbe, montée d’un cri grave mais délicat. Frozen hearts, on frémit. Les cordes, sobres
et vives, lacrymales, le piano, en disent aussi long que les voix. The country life, Liza, A shot rang out, on en perdrait la sienne en chemin. Mélancolie délicieuse, à en sourire, à en pleurer. Le violoncelle y prend sa part. Des moments plus rock, électriques, ainsi, Red dress, sur le fil. Pensée incongrue pour PJ et sa fontaine?
Les musiciens sont généreux : Victorian America et tous ses titres, d’autres, nombreux, issus du premier, magnifiques : Wild Tigers I have known, Two shots to the head… Echanges simples et chaleureux, la chanteuse est lumineuse. Ghost of a horse, déployé tout en langueur. C’est vraiment dur de partir, les gens remercient, applaudissent avec ferveur. Deux rappels, la première fois tous ensemble, émus, c’est palpable, et pour se dire au revoir, mais pas adieu, instant juste et suspendu : elle toute seule, à la guitare.
Ce soir, j’ai rêvé peut être, mais nous avons fait cette trêve ensemble : sentir la caresse d’un ange. http://www.myspace.com/emilyjanewhite Agnès Thomas
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