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A l’affiche, 15 documentaires en compétition et autant de regards sensibles portés sur les îlien(ne)s.
A rebours des éternels clichés carte-postale, ces films nous permettent d’effleurer des pupilles, des réalités ou des imaginaires insulaires, proches ou lointains : Yeu, Martinique, Islande, Sri Lanka, Vanuatu, Lofoten, Chiloé, îles éoliennes, Haïti...
L’île de Mantsinsaari située sur le lac Ladoga a appartenu à la Finlande jusqu’en 1944. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle est devenue russe et la population finnoise a dû fuir en Finlande. Staline colonisa l’île avec des « ennemis du peuple » et quelques volontaires venus de toutes les provinces d’URSS. 1500 personnes furent exilées sur cette île inhospitalière. Après la chute du Mur, ceux qui n’étaient pas morts, retournèrent sur le continent. Seuls deux hommes sont restés ici : un Finnois et un Biélorusse. L’un pêche et vit sur l’eau. L’autre chasse et vit de la terre. Ce partage de l’île en ses deux éléments leur convient à merveille ; leurs chances de se rencontrer en sont d’autant réduites…
Réalisation : Victor Asliuk
Images: Anatol Kazazaeu
Son : Pietari Koskinen, Uladzamir Galaunicki
Production : Ma.Ja.De. Filmproduktion
Allemagne - Finlande - Pologne / 2008 / 57’ / Tourné sur l’île de Mantsinsaari (Russie)
« En effectuant les repérages pour un nouveau film documentaire sur l‘univers des combats de coqs aux antilles je suis tombé sur Hugues Saint-Rose, éleveur de coqs de combat.
M’étonnant que tous ses volatiles portent un nom d'astronaute il me répondit que c'était en hommage à son frère : “Robert Saint-Rose, l’homme qui aurait dû être le premier français dans l’espace”.
Pour me prouver ses dires il me remit un cahier jauni par le temps et quelques bobines de films super-8. Dans le cahier : des notes, des schémas, des photos des coupures de presse, sur les films, entre les souvenirs de famille, des images datant du milieu des années 70, un homme, une fusée...
Ces éléments et mes premières recherches aux Archives Départementale de la Martinique achevèrent de me convaincre. Zétwal (étoile en créole) retrace donc l’histoire de Robert Saint-Rose, le premier Martiniquais à s’envoler pour la lune.» Gilles Elie dit Cosaques.
Réalisation : Gilles Elie dit Cosaques
Images : Gilles Elie dit Cosaques
Son : Francinet Gros-Desormeaux
Montage : Vanessa Bozza
Musique : François Causse
Production : La Maison Garage
France / 2008 / 52’ / Tourné en Martinique
En 2004, la République de Nauru a fait faillite, laissant sa population sans revenu. Du jour au lendemain, ses habitants, qui vivaient richement des revenus du phosphate, ont réappris la débrouille, la pêche et la cuisine au feu de bois.
Le réalisateur, Juliano Ribeiro Salgado, fils du célèbre photographe Sebastião Salgado, a promené sa caméra dans chaque recoin de cet îlot de 21 km2, longtemps fermé aux médias, et a réussi à se faire accepter par les habitants.
À travers les réservoirs d'eau à moitié vides, le centre de santé dévasté, une école où l'on apprend aux élèves à prendre soin de manuels devenus coûteux, le film rend compte de la mesure des dégâts. La caméra s'attarde sur les visages, naturellement réservés, des Nauruans, captant l'expression fugace d'un regret, d'une culpabilité, de la résignation ou d'une colère. Il laisse aussi une large place à l'île elle-même, montrant les forces contraires qui la traversent : une nature idyllique et envahissante ; une exploitation minière intensive qui gâche le paysage et ravage la terre.
Un décor de carte postale terni de débris divers, souvenirs de temps plus fastes, décharges sauvages où l'on croise des habitants en shorts venus faire de la récup'.
Réalisation : Juliano Ribeiro Salgado
Ecriture : Juliano Ribeiro Salgado et Luc Foliet
Production : Film Oblige et les Productions Cercle Bleu
France / 2008 / 80’ / Tourné sur l’île de Nauru (Pacifique)
L’impensable s’est produit à l’île d’Yeu, l’appât du gain a tout balayé. Une communauté soudée par des siècles d’isolement, cimentée par des liens familiaux extrêmement forts, où la solidarité et l’entraide n’étaient pas un vain mot, voit son île vendue à la découpe.
Le tourisme a pris le pas sur une économie adossée quasi exclusivement sur la pêche. Les municipalités successives ont tout misé sur cette nouvelle manne, les maçons ont supplanté les marins. L’argent est en train de vider de sa substance ces lieux de vie.
Promenade à travers la vie d’un pêcheur, d’un agent immobilier, d’une municipalité et de ses habitants, sur l’île d’Yeu.
Réalisation : Patrice Gérard
Images : Patrick Jan et Guillaume
Son : Yoan Martinneau
Montage : Hélène Blanpain
Musique : Michel Ange Merino
Production : Point du Jour
France / 2008 / 52’ / Tourné sur l’île d’Yeu
Un voyage personnel en mémoire esclave au cœur de la Guadeloupe. De retour dans l’île que son père a quitté 50 ans plus tôt, la cinéaste remonte le cours du temps pour retracer l’histoire de son nom.
Au fil de ce voyage initiatique sur les terres d’enfance de son père, son enquête nous transporte jusqu’à l’époque de l’esclavage. Aux archives, dans les jardins créoles ou les ruines des usines à sucre, se croisent les chemins d’une mémoire vivante, se dessine la vision d’un pays où les récits, les corps, les musiques, parlent avec force d’une histoire qui résonne encore.
Le film se compose comme un jardin créole, dans le foisonnement des images et des récits ; il s’attache à la terre, entremêle repères intimes et mémoire collective. Avec Michel Rogers, généalogiste habité, à travers les souvenirs du père exilé ou dans les pas de Léna Blou, chorégraphe inspirée et de ses jeunes élèves, il déchiffre les traces contemporaines de l’esclavage, voire du colonialisme en général.
Au détour de la Guadeloupe d’aujourd’hui il tend un miroir à la France dite métropolitaine : il part à la recherche de l’envers du pays.
Réalisation : Sylvaine Dampierre
Images : Renaud Personnaz
Son : Myriam René
Montage : Sophie Reiter
Musique : Laurent de Wilde
Production : Atlan Films
France / 2009 / 90’ / Tourné en Guadeloupe
Présente à Sri Lanka de 2003 à 2007, la réalisatrice Norvégienne Beate Arnestad attire l’attention sur les rouages qui conduisent de jeunes personnes à s’engager dans un conflit jusqu’à la mort.
Par le portrait de deux jeunes femmes liées par une amitié très forte, elle montre comment la société sri-lankaise construit des terroristes. Entrées dans le mouvement LTTE à l’âge de 12 ans suite à la fuite des combats ou aux décès de leurs proches victimes de raids aériens, Darshika et Puhalchudar sont animées d’une conviction effroyable : faire don de leur vie pour pouvoir démanteler ceux qu’elles considèrent comme les oppresseurs sanguinaires de leur peuple.
Réalisation : Beate Arnestad
Images : Frank Alvegg
Montage : Morten Daa
Production : Morten Daae
Norvège / 2007 / 60’ / Tourné au Sri Lanka
Nils veut présenter sa petite ami à Pablo, mais elle n'arrive pas. Entre les deux amis la tension monte.
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