LES TOMBEES DE LA NUIT 09

Edition 2009 des Tombées de la nuit festival d'été - sons du Public aura lieu du 4 au 12 juillet à Rennes



Soap & Skin

LES TOMBEES DE LA NUIT 09
Jeune phénomène autrichien de 18 ans, Anja Plaschg défraie depuis quelques mois la chronique sous le nom de Soap & Skin. Musicienne, chanteuse et actrice (elle est apparue l’an passé dans la pièce de Werner Fritsch Nico : Sphinx aus Eis dans le rôle de l’égérie allemande Christa Päffgen), elle concasse dans ses chansons sombres et venimeuses, grand piano et électroniques, pour soutenir cette étonnante voix à la fois enfantine et glaçante. C’est bien sous la haute influence de Nico, l’ancienne égérie du Velvet underground qu’il faut chercher une figure tutélaire (elle reprend d’ailleurs son Janitor of lunacy). Même extrémisme, même fascination pour une Mitteleuropa mystique, même attirance pour le vide et le néant (Thanatos)… Anja Plaschg susurre et murmure ses mélodies, puis hurle et s’abandonne, comme une version pop de Diamanda Galas éduquée à Arvo Pärt (Marche funèbre). Mais, de cette féminité inconfortable jaillit une étrange beauté mortifère, fascinante, apaisante comme un requiem jaillissant dans la douceur d’un soir d’été. Les cordes sensibles, la sensibilité et la mélancolie s’imposent peu à peu comme les véritables racines de cette belle musique polaire.

Avec : Anja Franziska Plaschg (voix, piano), Franz Lasch (électronique).

Sébastien Schuller

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Grand sorcier d’une pop atmosphérique et aérienne gorgée de mélodies, Sébastien Schuller avait affolé tous les chercheurs de pépites orphelins de Brian Wilson. Après quatre ans de silence (mais pas d’inactivité, avec notamment la composition de la bande-son du film « Un jour d’été » de Franck Guérin), ce nouvel album, Evenfall, composé entre la France et le Canada et peaufiné entre Paris et Philadelphie où il vit désormais, est donc plus qu’attendu. De nouveau mixé par Yann Arnaud (Air, Syd Matters), on ne connaît pour l’instant de l’album que la pochette confiée à sa femme Agnès Montgomery, le single The Border et la chanson Open Organ élaborée en compagnie de Bell Orchestre pour la collection Un Cadavre Exquis.
Mélodie entêtante, refrain aérien et chœur en suspension, couche de claviers, nappage d’orgues, saupoudrage gracile d’arpèges de guitares, de cuivres, de vibraphones et de percussions bâtissent un écrin pour ces magnifiques compositions portées par cette voix cristalline, immédiatement reconnaissable. En apesanteur, sur un nuage céleste entre les climats éthérés de Radiohead et les fanfaronnades brillantes de Divine Comedy, le monde magique de Sébastien Schuller se fabrique dans un artisanat solitaire et précieux, minutieux et ornemental, avec du synthétique fragile et du numérique gracile pour un magnifique exercice d’orfèvrerie pop et de songwriting.

Sophie Hunger

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Née à Bern en 1983, Emilie Welti transite par la guitare pop-rock et un groupe vocal de country avant de se réinventer en songwriting et en voix sous le nom de SOPHIE HUNGER dans un premier album en forme de brouillon autoproduit. Avec son deuxième LP, « Monday’s Ghost », étincelante météorite difficilement étiquettable, la jeune Suisse alémanique et anglophile s’impose d’emblée comme une belle découverte. Richesse des ambiances, rugosité et variété des arrangements qui maîtrisent aussi bien les embardées électriques (« The Boat Is Full », petit brûlot sur son pays d’origine) que la retenue et la douceur des climats… Passant de la guitare au piano, c’est encore la profondeur et l’intégrité de son écriture et surtout la maturité de cette voix exceptionnelle aussi à l’aise dans l’incertitude d’un murmure que dans le lyrisme de l’allégresse, qui impressionne. Une touche de jazz, un soupçon d’expressionnisme à la Kurt Weil, un clin d’œil Dylanien, la seule de ses influences revendiquées avec Jeff Buckley (« Sophie Hunger Blues »), une ritournelle pop (« Round and round »), une incursion allemande avec trombone (« Walzer für Niemand »)… Sans aucune complaisance, SOPHIE HUNGER nous entraîne dans un bain de jouvence émotionnel avec des performances scéniques que l’on promet époustouflantes.

Santa Cruz

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Depuis 2002, le collectif rennais arpente sans relâche les terres de la musique traditionnelle nord-américaine, s’appuyant sur sa solide faculté à créer ambiance et arrangements inventifs pour partir à la recherche de la folk-song idéale. En trois albums, naturellement ancrés dans la longue tradition americana, mais se jouant habilement autant de la géographie que des références, Santa Cruz a su proposer et développer une alternative européenne crédible à cette musique, en prouvant chaque fois son ouverture, son inventivité mélodique et sa capacité à décrire en quelques notes, paysages et aventures intérieures. Pour la sortie de leur quatrième album, A Beautiful Life, onze titres qui puisent à la fois dans le terreau sonore déjà balisé, mais en osant de nouvelles embardées électriques et délétères, Santa Cruz proposera deux formules en création pour les Tombées de la Nuit. Un premier concert, sur la scène de l’Antipode à Cleunay, pour une version électrique du nouvel album. Puis un deuxième set acoustique, en après-midi et en plein air, à la Ferme de la Taupinais (Cleunay). Deux façons d’entrer dans l’univers de ce rock racé qui invente sans cesse son propre cinéma intérieur…

Essie Jain

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Dans la lignée de cette redéfinition contemporaine du songwriting anglo-saxon, cet art du couplet refrain qui fonde tout un pan de nos musiques populaires occidentales, Essie Jain est une compagne de chambrée de Joan as police woman, accueillie il y a deux ans aux Tombées de la Nuit. Dotée d’une solide formation classique (études en chant lyrique, en piano et en violoncelle), cette Londonienne exilée à New York se sert de cette culture pour définir une grammaire harmonique sophistiquée et tisser des arrangements aussi luxueux que libres et nuancés. Proche de Jony Mitchell pour sa capacité à mêler des emprunts de jazz et de classique à une certaine idée de la chanson folk, Essie Jain envisage chacune de ses compositions comme une vignette miniature autonome, ce qui lui permet de papillonner de sentiments en sentiments, mais en restant toujours sur le fil de son chant dense et fluide. Passant de l’introspectif au familier, de l’exploration de soi au partage collectif, d’une guitare acoustique à une clarinette klezmer bringuebalante, d’un quatuor à cordes à des cuivres chaloupés, sa musique nous embarque en rotation sur un manège tendre et sensuel pendant que cette voix suave nous enjoint de ne surtout pas cesser de tourner.

Captain Frank

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Ce quatuor acoustique de Berne (Suisse) s’est donné pour mission de « réparer les erreurs de l’histoire de la musique », puisant ainsi dans un vaste répertoire de reprise pour les arranger et les réinterpréter en rectifiant le tir des erreurs initiales. Dans cette moulinette acoustique à l’amateurisme déglingue et au mauvais goût très assuré, le Felicita des Italiens Al Bano et Romina Power reprend des couleurs au son métallique d’un ramasse-poussière, le Mundian to bach ke de l’Indien Punjabi MC se métamorphose sur les cordes du banjo comme la version acoustique et théâtrale du Wanna be like you du Livre de la Jungle. Surtout, on découvre une incroyable version de Voyage voyage de Desireless sauvé des eaux de l’infamie dans laquelle elle croupie depuis vingt ans grâce à un banjo et des cœurs pop millésimés.
« Captain Frank ne blâme personne pour ces fautes liées au temps, Captain Frank aide ! » lancent ces quatre gentlemen Bernois. C’est drôle, revigorant, sans complexe, approximatif, faux, cheap et hilarant… En souhaitant bien sûr à tous les musiciens de ne pas tomber entre les mains dangereuses du Captain Frank !

Kocani Orkesta

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Venue de la petite ville macédonienne de Kočani (prononcez « Kotchani »), près de la frontière Bulgare, cette fanfare balkanique est la meilleure représentante de la « romska orientalna muzika » (musique orientale rom) issue de l’imitation par les musiciens romanis des orchestres militaires turcs pendant l’occupation Ottomane du 19ème siècle. Après une scission au sein du brass band macédonien d’origine, le Kocani Orkestar garde le cap de la tradition, puisant dans les thèmes gitans des Balkans, les rythmes turques et bulgares, avec une pincée de saveur latine pour proposer une authentique machine à groove cuivrée. Derrière la voix mielleuse du jeune Ajlur Azizov (qui chante en Rom, Macédonien et Turc), l’incroyable section rythmique, poussée par un percussionniste et quatre tubas, propulse l’infernale machine à danser pour laisser libre cours à la dextérité de ses solistes. Électrisante, survoltée, virtuose, la fanfare du Kocani Orkestar sera fêtée comme elle le mérite pour sa première venue aux Tombées de la Nuit.

Françis et ses peintres

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Après les tentations électroniques de son précédent album Out of the Blue, le saxophoniste et compositeur nantais François Ripoche poursuit son parcours en invention et en curiosité en « s’emparant des formes de musiques populaires pour y mettre son grain de sel ». Dans cette tradition du jazz et dans la lignée des travaux d’Ornette Coleman, de Marc Ribot ou Sexmo, sous l’identité de Francis Ripolin, il a convoqué un nouveau quartet acoustique pour s’emparer de thèmes, d’airs et de paroles de chansons connus de tous. Francis et ses peintres concassent, décortiquent, réarrangent, consolident et on parle de jazz, bien sûr, d’improvisation, de polyrythmie (mention spéciale au travail renversant du batteur Christophe Lavergne). Mais jamais le quartet ne dévie sur ces 12 titres de son respect pour la forme initiale de ces chansons. Le plaisir de jouer avec ces musiques de partage est palpable, organique. Et lorsque la voix de dandy céleste de Katerine (vieux complice de Ripoche) investit les reprises de « Capri c’est fini » ou de « L’idole des jeunes », on saisit immédiatement toute la force et la conviction de ce projet de François Ripoche et de ses compères peintres en musique.

Sergent Pépère

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Toujours sur le fil rouge entre occupation théâtrale de la scène et de la rue et musiques festives débridées, la fanfare Sergent Pépère investit les planches en spectaculaire avec cette nouvelle proposition du Bal Pépère issu de leur tournée Bon pour un tour. Le mini big band forain poursuit son travail autour d’un répertoire mêlant influences Balkaniques, jazz et latinos, pour investir les rythmes et harmonies du bal populaire. Salsa, mambo, samba, funk défroqué, biguines pas bégueules, kitch musette et tcha tcha tcha tchoum (à vos souhaits) se télescopent dans cette version drôle, décalée et terriblement musicale d’un spectacle de cabaret fou investissant la forme de la guinguette. Sous leur voûte étoilée et cuivrée, zébrée des éclairs de flonflons, guirlandes et autres boules à facettes, la joyeuse troupe du Sergent Pépère s’en donne à cœur joie. Une nouvelle fois, les harmonies, les mélodies et les trouvailles scéniques embrasent cette musique à ouïr autant qu’à danser. Alors, on entre dans la danse et on embrasse sa cavalière ou son cavalier…

Pascal Lamour

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Après sa venue en 2004 pour la sortie de Shamans of Brittany, le festival poursuit son parcours avec Pascal Lamour, attentif aux expériences de cet « électro shaman » breton qui ne cesse d’interroger la rencontre entre le chant et les musiques traditionnels de Bretagne et les musiques actuelles. Intégrant les instruments de la culture Bretonne (notamment par son long compagnonnage avec le Bagad de Locoal-Mendon), mais également tout son travail sur la philosophie, la médecine, l’imaginaire et la magie du monde Celte, à un Sound System polyphonique et ouverte au monde parfaitement actuel, Pascal Lamour est à la constante recherche d’une transe universelle. Rythmes rapides, hypnotiques, danses répétitives… Le musicien de Theix (Morbihan) sort aujourd’hui son nouvel album, Avais-je-rêvé ?, nous guidant au long de dix titres dans les songes et le fantastique de l’imaginaire celtique qu’il a « le devoir de préserver, de transmettre et d’expliquer ».
Pour cet album, il a convié les voix de Louise Ebrel, Nolwenn Korbell et du Tri Pichon Noz, en plus de son groupe que l’on retrouvera sur la scène du Thabor pour lancer sur la piste la « transe ethnique de l’électro-shaman ».
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